02 mars 2005
VERS LA CRÉATION D'UN CONSEIL ÉTUDIANT PERMANENT
La Communauté étudiante a largement les moyens d'endiguer le politique
conservatrice et étrangement peu libérale du Premier Ministre. Elle
doit constituer un bloc soudé, un front uni capable de produire un
programme minimum commun cohérent. Toutes les ressources financières,
matérielles et intellectuelles doivent donc être coordonnées dans le
but de mener une action efficace.
La création rapide d'un Conseil étudiant est dans cette perspective une
idée à développer : une structure permanente pourrait constituer le
pôle de réflexion et de dialogue inter-étudiant qui manque actuellement
et un outil pédagogique de premier plan dans la formation politique des
étudiants. Établir une culture du dialogue et de la transparence est
une priorité.
Ce Conseil deviendrait à terme un moyen privilégié de concertation
entre les mouvements étudiants le composant et le gouvernement. En cas
de désaccord, les étudiants utiliseraient ce même Conseil pour
développer des moyens de pression et d'action conforme à des stratégies
préétablies.
La grève est l'un de ces moyens. Elle permet, dans un lapse de temps
limité ou non, de se réunir, de réfléchir, de s'organiser et d'agir. Si
la Communauté étudiante développe une culture de l'action coordonnée et
de la coopération, de grands projets peuvent voir le jour. D'où
l'intérêt d'un Conseil étudiant responsable ayant, par la volonté de
ses membres, le pouvoir et les moyens de décider et d'agir, dans le
respect de la pluralité des points de vue.
Ce Conseil, enfin, pourrait être considéré comme un observatoire
permanent des politiques gouvernementales en matière d'éducation. La
vigilance oblige en effet les étudiants à maintenir une réflexion
critique et constructive permanente pour faire face aux défis imposés
par l'unilatéralisme du gouvernement Charest.
Stéphane Buffard
VP Académique Asso. Étudiants Cyc. Sup. en science politique.
La naissance de la communauté étudiante
UNE PLURALITÉ DE POINTS DE VUE
L'accent mis dans certains médias sur les dissensions entre les
mouvements étudiants québécois ne doit pas masquer la convergence
d'intérêts qui demeure au sein de cette communauté.
Bien qu'il n'existe pas encore d'actions communes coordonnées, les
associations manifestent cependant un objectif commun. La grève
déclenchée le 23 février comporte donc de nombreuses promesses à
exploiter dans le cadre d'une stratégie d'action correctement
planifiée.
En fait l'enjeu se situe au-delà de l'argent : il s'agit d'un choix de
société. Le Québec a-t-il les moyens d'abandonner ses jeunes et
d'hypothéquer l'avenir du pays? Évidemment pas. Et comment définir une
société qui abandonne les plus pauvres au nom du rationalisme
bureaucratique et de l'orgueil gouvernemental ? Le gouvernement Charest
a une dette envers les étudiants et les impératifs de la responsabilité
gouvernementale autant que la plus élémentaire compassion l'obligent à
agir.
Car les promesses d'endettement du gouvernement constituent une menace
à long terme sur la cohésion sociale du Québec et sur son dynamisme :
en effet, les étudiants endettés ne créent pas d'entreprises, ne
fondent pas de famille, n'achètent pas de maison, consomment moins.
Dans ce contexte, l'abolition rétroactive de la dernière «réingénérie»
de l'Aide Financière aux études, et la suppression de la coupure de 103
millions ordonnée par le Premier Ministre, apparaissent plus que
nécessaires : l'avenir de dizaines de milliers d'étudiants est en jeu.
Aussi, la communauté étudiante doit-elle rester soudée et déterminée.
L'intérêt supérieur de la cause étudiante nécessite donc un engagement
intransigeant et de tous les instants, et ce dans le respect de la loi.
M. Fournier peut donc dissiper ses inquiétudes : les étudiants veulent
seulement étudier et mener une vie descente.
Stéphane Buffard V.P. Académique AECSSP-UQAM